Alors que les requins de la finance parcourent la planète librement en
classe affaire ou jet privé, ici pour armer une « rébellion » qui va
protéger les mines de diamant, là pour faire pression sur un gouvernement
endetté afin qu’il privatise son réseau de distribution de l’eau... les
travailleurs devraient s’arrêter devant les frontières que les Etats
dressent entre eux afin des les diviser et de les mettre en concurrence ?
L’ouvrière licenciée du nord de la France, le paysan chinois surexploité
sur les chantiers de « Pékin 2008 », ou le Malien nettoyant de nuit les
restaurants parisiens, ont en commun la peur du patron, de la misère et
du flic quand ils sont obligés de migrer ou se révoltent face à la
pauvreté qui les menace. Pour éviter que cela ne les unissent, l’Etat et
le patronat tentent de terroriser les travailleurs : délocalisations,
peur de l’immigration, enfermement des migrants sont autant de murs que
l’on construit dans nos têtes que de centres de rétention à nos
frontières, de contrôles au faciès, de déportations violentes.. .

En réalité, par la répression anti-syndicale dans les entreprises, et
l’intervention policière systématique et massive lors de toute révolte
sociale, l’Etat et le patronat cherchent à faire de tous les travailleurs,
chômeurs, ou précaires, des sans-papiers, c’est à dire des sans-droits,
des sans voix, exploitables en silence.

La chasse à l’étranger à Calais est une illustration particulièrement
violente de cette politique de terreur. C’est là que depuis la fermeture
de Sangatte en 2002 errent les migrants cherchant à rejoindre
l’Angleterre, traqués par les CRS jusque dans les bois où ils se
réfugient. C’est là aussi que des militants associatifs tentent de leur
porter assistance et sont arrêtés régulièrement pour délit de solidarité.
Donner un repas et une couverture à un migrant qui dort dehors, c’est ce
que le ministère de l’immigration appelle « l’aide au séjour irrégulier ».

Alors que la crise économique a révélé aux yeux de tous les vrais
responsables des licenciements, et de la précarité du travail,
Alors que Besson, Sarkozy et consorts continuent d’agiter l’épouvantail
xénophobe de la lutte contre l’immigration, et de nous diviser entre
travailleurs français et étrangers,
Alors qu’une véritable chasse à l’homme s’intensifie dans nos rues, nos
écoles, nos gares, et s’étend jusque dans les pays pauvres pour traquer
les migrants,

La CNT appelle tous et toutes à participer au Camp « No Border » de Calais
du 23 au 29 juin 2009 pour échanger, créer des liens, et agir pour la
liberté de circulation,et pour faire tomber les murs qu’on dresse entre
travailleurs français et étrangers, avec ou sans papiers.

Manifestation internationale pour la liberté de circulation le samedi 27 juin Rendez-vous à 10h au Phare de Calais, Boulevard des Alliés