Le 9 janvier, l’appel de notre camarade Fouad Harjane devant la chambre civile du Tribunal
de Grande Instance de Metz était rejeté
pour non respect du délai d’interjection. Fouad Harjane,
militant de la CNT en Moselle est le seul condamné pour l’occupation des voies de la gare de Metz
en 2006. Cette action, initiée par la coordination nationale des étudiants en lutte contre le projet de
Contrat Première Embauche, et relayée à Metz par l’Assemblée Générale de grève de l’Université,
n’avait alors rien d’une action isolée : dans de nombreuses autres villes les blocages économiques et
les grèves se multipliaient. Seul interpelé, après coup, lors d’une mobilisation d’environ un millier
de personnes, Fouad Harjane est donc aujourd’hui condamné à verser à la SNCF près de
40000 euros, au titre de dommages et intérêts.

Sa condamnation ne saurait être interprétée que comme une justice pour l’exemple.
En effet en 2006, au plus fort de la mobilisation qui avait fait suite à l’adoption de la loi pour
l’égalité des chances (ndlr : par l’usage de l’article 49-3...), et qui avait finit par faire reculer le
gouvernement, il s’agissait de cibler non seulement un militant identifié d’une organisation, la
CNT, mais également des pratiques : l’autogestion des luttes, l’action directe de celles et ceux
qui défendaient leurs intérêts.

En 2015, quel que soit son fanion politique, il s’agit pour la classe dominante d’utiliser ce bouc
émissaire pour créer un précédant fâcheux. A l’heure où le gouvernement Valls aggrave son
offensive libérale, à l’heure ou le patronat accentue licenciements et précarité, et alors que plus que
jamais, un mouvement social d’ampleur se pose comme la seule alternative pour les travailleur-se-s,
les dirigeants politiques et le capital, représentés ici par la SNCF, n’ont qu’un objectif : la
répression des individus afin de criminaliser l’action collective.

Les exemples de cette répression sont actuellement nombreux : convocations au commissariat à
l’encontre des inspecteurs du travail en lutte contre la réforme du service ; révocation de Yann Le
Merrer, syndicaliste SUD à La Poste, pour des faits syndicaux ; intervention de vigiles, de la police
et contrôles d’identité sur le campus de Rennes II pour entraver des diffusions de tracts syndicaux...
Avec cette arme, nul besoin de Patriot Act à la française pour museler les résistances. Les
dirigeants économiques et politiques de ce pays auront alors beau jeu d’aller défendre une
mascarade de liberté d’expression d’une main en la muselant de l’autre
notamment sur le
terrain syndical, dans les luttes sociales, là où se défend le droit des travailleurs.

Pour toutes ces raisons, la CNT annonce qu’elle continuera à soutenir Fouad Harjane et
mobilisera entre autres l’ensemble des recours juridiques à sa disposition afin d’obtenir
notamment la cassation du jugement.

La CNT réaffirme sa détermination à combattre la répression du mouvement social, les
attaques faites au syndicalisme, et à lutter pour les droits de tou-te-s les travailleur-se-s contre
la justice bourgeoise, l’État et le Capital.

LA CNT