En pleine révision générale des politiques publiques, une grande partie
des personnes concernées, notamment dans l’éducation, expriment leur refus
de ces réformes. Ces évolutions sont révélatrices de la manière dont
l’Etat considère ces missions. Depuis l’origine le fonctionnement des
services publics est basé sur le centralisme et la hiérarchie. Un
fonctionnement autoritaire qui empêche toute appropriation collective des
ces services. Rien d’étonnant qu’aujourd’hui ils échappent à ceux qui y
travaillent et ceux à qui ils sont destinés. .
Si les fonctionnaires « bénéficient » de la sécurité de l’emploi, ils sont
pour la plupart soumis à l’obéissance hiérarchique, dont les conséquences
en terme de liberté d’expression sont quasiment les mêmes que celles que
subissent les salariés du secteur privé. La remise en cause du statut
constitue un pas supplémentaire dans ce sens. Toutes les personnes
embauchées par le biais de contrats précaires perdent cette garantie de
l’emploi, mais sont toujours soumis aux mêmes devoirs que les autres
fonctionnaires. Les évolutions actuelles tendent ainsi à légitimer des
pratiques managériales, qui accentuent l’individualisation du travail, la
performance et l’infantilisation des agents, évalués sur leur capacité à
bien servir.
Le fonctionnement autoritaire des institutions est également à l’origine
d’une opposition entre usagers et salariés, qui gagne du terrain. Dans de
nombreux services publics les mesures répressives envers les usagers
récalcitrants se multiplient : diverses pénalités, vigiles, exclusion,
etc. La multiplication des règlements intérieurs, qui se résument bien
souvent à une liste d’interdictions, est également révélatrice de cette
défiance de l’institution vis-à-vis des usagers. Une véritable
judiciarisation des rapports s’opère.
Actuellement, et depuis bien longtemps, non les services publics ne
répondent pas aux vrais besoins de la population. Les services publics
fonctionnent pour la plupart au bénéfice des classes sociales les plus
favorisées et des entreprises. Au sortir de la guerre, l’objectif était
avant tout de relancer l’économie capitaliste et de permettre aux grandes
de se reformer. Aujourd’hui cette réalité est criante. L’école est là pour
former l’élite, la santé est de plus en plus hors de portée des petites
bourses et dans les transports la répression est tellement féroce qu’elle
mène les plus pauvres en prison.
Occupons-nous nous-même de nos affaires, recréons des mutuelles et des
bourses du travail. L’ Etat, même avec « des services publics de qualité
», se fiche éperdument de nos conditions de vie. La solitude, la pauvreté
et la difficulté de vivre de beaucoup d’entre nous sont là pour en
témoigner. Pour que le cours de nos existences nous échappe moins,
prenons-les en main.
C’est dans la grève et par l’autogestion de nos luttes que nous pourrons
influer sur notre quotidien