La section CNT People and Baby a vu le jour en
novembre 2009, au sein d’une entreprise de gestion de
crèches privées ou sous délégation de service public. En
2006, People and Baby a remporté le marché de la halte-
garderie Giono, dans le 13e arrondissement de Paris,
jusque-là sous le régime associatif.

Les professionnelles de la petite enfance ont créé cette section syndicale dans le but de revendiquer leurs droits, de
meilleures conditions de travail et afin de maintenir leur
projet pédagogique initial visant le bien-être, l’autonomie,
ainsi que l’épanouissement des tout-petits en collectivité et
un accueil de qualité.

En novembre 2009, la section publie son premier tract. Le
1er mars, suite à des pressions grandissantes et à des propositions de mutations et de ruptures conventionnelles de
contrat, les salariées de la structure se mettent en grève,
avec le soutien des parents. Le lendemain matin, dès leur
arrivée sur leur lieu de travail, une nouvelle équipe accueille
les enfants, elles sont mises à pied sur le champ. Le motif
invoqué par la direction : « manquement à l’hygiène »...
Trois semaines plus tard, trois des salariées sont licenciées,
la représentante de la section syndicale est réintégrée à la
halte-garderie Giono, et une cinquième est tout d’abord
mutée dans une autre crèche (d’entreprise) gérée par People
and Baby, avant d’être réintégrée sous la pression à la halte-
garderie Giono.

Elles sont licenciées pour manquement à l’hygiène, alors
que les entretiens d’évaluation de février 2010 sont tous
exemplaires sur ce sujet et que l’entreprise n’a ni convention collective ni CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et
des conditions de travail) ! Depuis, la médecine du travail a
remis en cause par écrit ces accusations et l’inspection du
travail a, à maintes reprises, relevé les manquements de
People and Baby au droit du travail (entrave au droit syndical ou au droit de grève, lien des licenciements avec la
grève, etc.). Il s’agit bien donc d’un licenciement pour activité syndicale.

Depuis, les deux salariées réintégrées sont en grève illimitée
et luttent avec leurs camarades licenciées pour la réintégration de toute l’équipe à la halte-garderie Giono. Soutenues
par leur syndicat et leur confédération, mais aussi par de
nombreux militants, le NPA, le PCF, et PG ou encore une
intersyndicale du 13e arrondissement, qui comporte des syndicats SUD, mais aussi de la CGT ou de la FSU ; elles enchaînent manifestations, rassemblements, pétitions, occupation
de la crèche (une fois), du siège social (deux fois, dont cinq
jours fin mai) et même manifestation, le 1er Mai, jusque
devant le siège de l’entreprise puis le domicile de Christophe
Durieux, le patron.

Parallèlement, une action
juridique a été lancée. Le
dossier est passé en référé le 27 mai aux pru-
d’hommes de Paris (le
patron n’a même pas daigné venir) et a été ren-
voyé en départage le
29 juin. Les cinq salariées demandent leur
réintégration et refusent
de demander des indemnités : il s’agit de dignité
et de respect du droit
syndical, pas d’un marchandage.

Cette détermination sans faille, assortie d’un soutien financier qui permet de payer les salaires, n’a pour l’instant pas
permis de faire plier un patron qui refuse par principe de
revenir sur sa décision, et sèche les conciliations devant les
prud’hommes.

Ces cinq salariées sont solidaires dans la lutte pour la réintégration de toutes à la halte-garderie Giono. Et elles ne lâcheront rien ! Un coup contre l’un d’entre nous est un coup contre tous ! Ne laissons pas faire, solidarité ! Soutenez la lutte de la section syndicale CNT P & B !