Les crises économiques et sociales actuelles n’en finissent plus de
précariser la population et d’exaspérer les travailleurs pour qui le FN
peut parfois apparaître comme une solution. Pourtant en grattant un peu le
vernis, on retrouve toujours les mêmes visées anti-sociales.

Profitant de cette situation et de son statut de nouvelle présidente du
Front National, Marine Le Pen tenterait presque de nous convaincre de son
âme sociale et de mettre fin à la « diabolisation » dont se plaint
régulièrement son parti.
Pourtant, le FN garde les mêmes thèmes, qui, s’ils ont été toilettés,
conservent toujours des valeurs qui ferait la fierté d’un Pétain. Quelques
exemples pris au hasard attestent d’un véritable projet de l’extrême
droite traditionnelle :

- Au niveau économique, Marine Le Pen nous promet l’augmentation des
salaires par une nouvelle exonération patronale, à savoir la disparition
de l’impôt sur les sociétés. Quand on sait que même la Cour des Comptes
juge inefficace ce genre de procédé sur le taux des rémunérations, on se
doute de qui profitera du pactole... Dans la suite on trouve la relance
économique par un « réarmement » assurant notre « indépendance
nationale », une recette qui ne peut que raviver les pires souvenirs...

- Dans la fonction publique, si le discours se veut moins
anti-fonctionnaires que son père ; des « efforts de rationalisation des
effectifs » seront impératifs ainsi que pour tous un retour au sentiment
patriotique. Hé oui, le fonctionnaire n’est pas assez loyal envers l’État,
alors pourquoi pas aussi la fin des syndicats du public qui pour rappel
n’existent que depuis 1924 ? Hé bien c’est tout simplement ce qui est
proposé pour les magistrats. Un bon début ? Le reste est risible, il faut
par exemple que les fonctionnaires utilisent plus l’internet... on imagine
qu’ils n’y auraient pas pensé eux-mêmes sans Marine !

- Au niveau de la circulation des personnes, c’est clair, on ferme tout, on
met des barrières et on sort les fusils. Faisant fi des rapports pointant
le rôle favorable de l’immigration du simple point de vue économique, le
FN multiplie les mesures répressives aussi délirantes qu’intenables sur le
terrain. De la paranoïa xénophobe dans la pure (fin ?) de lignée de
l’extrême droite.

Enfin comment peut-on se revendiquer « social » et vouloir condamner les
syndicats en les renvoyant à un rôle de faire-valoir en annonçant une
limitation des grèves et mêmes des simples manifestations ? Même chose
pour le droit et la durée du temps de travail que Marine Le Pen nous
promet de « simplifier », là aussi les protections gagnées sur le terrain
par les travailleurs seront liquidées. Ces derniers points montrent bien
de quel côté du manche se place le Front National : celui des possédants
et des patrons, et certainement pas celui des salariés.

Bref, le principe est toujours le même, diviser pour mieux régner : entre
chômeur et travailleur, entre homosexuel et hétérosexuel, entre
sans-papiers et français, entre bons et mauvais « citoyens », le problème
étant forcément « l’autre ». Voilà la base de cette politique
pseudo-sociale.

Mais c’est aussi parce que les tenants de la droite traditionnelle n’ont
de cesse de reprendre à leur compte le discours frontiste que les thèses
de Marine Le Pen réussissent à trouver un écho favorable chez une partie
de la population. Ce sont bien les Sarkozy, Guéant et autres membres de la
« droite populaire » qui en professant les pires déclarations racistes,
voire carrément fascistes, popularisent les pensées les plus
réactionnaires.

Si historiquement l’extrême droite et les fascistes ont pu arriver au
pouvoir par les urnes (dernièrement en Grèce, l’extrême droite faisait
partie du gouvernement de « coalition »), ils y sont arrivés le plus
souvent par la force.
C’est bien parce que la CNT est consciente de ce risque qu’elle occupe la rue chaque fois que les réactionnaires tentent d’y descendre.
Elle continuera à le faire à chaque fois que ces racistes de tous poils
auront oublié que la rue ne leur appartient pas.