Les 26 et 27 février 2007 se déroulera, au tribunal correctionnel
d’Orléans, le jugement des « 32 de Villereau » suite au fauchage d’un
champ de maïs OGM à Villereau (Loiret). 9 d’entre eux comparaîtront
également pour leur « refus de se soumettre au prélèvement destiné à
l’authentification de leur empreinte génétique ». Inquiète de la dérive
sécuritaire que constitue cette disposition de la loi sur la Sécurité
Intérieure de mars 2003 dite « loi Sarkozy », la CNT appelle à une
mobilisation générale.

Ces 9 réfractaires au fichage ADN encourent une peine d’un an de prison et
15000€ d’amende. Refuser de donner son ADN est un « délit continu ». Le
procureur peut engager des poursuites tant que ceux-ci refuseront de se
soumettre au fichage.

D’abord limité aux auteurs de crimes sexuels et de violences, le fichage
ADN est étendu aux suspects de tous poils : syndicalistes, faucheurs
volontaires, déboulonneurs de publicité… Les contestataires à surveiller
côtoient dorénavant les criminels et les violeurs dans des fichiers
conservés de 25 à 40 ans.

La loi Sarkozy a été renforcée par la loi Perben 2 de 2004. Aujourd’hui
sont susceptibles d’être fichées ADN toutes les personnes impliquées dans
une enquête, les témoins par exemple. Ce fichage trouve sa « justification
 » (comme la vidéosurveillance) dans la lutte contre l’insécurité et la
violence.

S’il permet la résolution de quelques crimes, le fichage génère des
dommages co-latéraux. En effet, il constitue un moyen de coercition comme
l’illustre ce procès. C’est une atteinte à l’expression de toutes formes
de contestations sociales.

Pour la CNT, le fichage ADN est un dispositif supplémentaire dans
l’arsenal législatif pour contrôler, discriminer, les bons citoyens des
mauvais, les serviles des rebelles. C’est la raison pour laquelle la CNT
appelle à une forte mobilisation durant le procès à Orléans.