Alors qu’en haut l’État brandit soudain des milliards de l’agent public
pour éponger les crasses des banquiers et des spéculateurs, et que les
licenciements collectifs s’abattent sur les travailleurs provoquant de
véritables catastrophes humaines, en bas l’État en profite pour liquider
ce qu’il lui reste de politiques sociales qui ne soient pas complètement
livrées à la voracité du marché.
Pour s’opposer à cette politique, les directions syndicales organisent la
riposte de manière dispersée. A la SNCF, le mouvement entamé contre le
« travailler plus pour gagner moins » local est prévu pour le 23 novembre.
Dans l’éducation, une forte mobilisation a eu lieu le 20 novembre
notamment contre les suppressions de postes, malheureusement non rejointe
par l’ensemble des services publics qui sont tous touchés par les
restructurations de la RGPP (Révision générale des politiques publiques),
véritable plan social qui dégrade les services publics, et précarise ses
agents.
Et ce samedi 22 novembre a lieu une grande manifestation nationale pour
défendre le service public postal dont la privatisation n’est que reportée
par le gouvernement qui tente ainsi d’empêcher une mobilisation plus vaste
et populaire contre sa politique.
Car la privatisation de la Poste est emblématique de l’insécurité sociale
voulue par le libéralisme : commencée il y a quinze ans par le
démantèlement de l’entreprise publique, et par la précarisation de ses
salariés, elle continue aujourd’hui par la fermeture des bureaux « non
rentables », et par la répression brutale des syndicalistes qui s’y
opposent. La CNT, privée de droits syndicaux, est particulièrement
touchée : A Bordeaux Bègles 14 syndicalistes ont été licenciés ou mis à
pied pour des faits de grève par la Poste qui s’acharne maintenant par des
poursuites pénales. Serge Reynaud, militant CNT à Marseille, vient d’être
mis à pied pour deux ans pour son implication dans le mouvement contre la
réforme « facteur d’avenir » et à St-Genis Laval, Brigitte Geugnon,
également militante CNT, est menacée de sanctions.
La CNT appelle à participer à la manifestation du 22 novembre ainsi qu’aux
journées de mobilisation des autres secteurs, mais regrette le
saucissonnage des luttes par des directions syndicales qui privent les
travailleurs de leur force principale : le nombre et le blocage de
l’activité par la grève reconductible la plus large possible.
Pour la CNT seule l’action directe et démocratique des travailleurs à la
base peut déboucher sur un mouvement interprofessionnel, mené par les
assemblées générales d’établissement et de localité, seules légitimes et
capables de faire pression efficacement sur les gouvernements, de bloquer
leurs projets, et d’obtenir des victoires sociales.